The Little Green Way

Fin des hypermarchés ? Retour à l’essentiel !

Dans les années 60, la société de consommation déjà mature aux USA, débarque en Europe avec les enseignes de grandes distributions. Au début, il s’agissait de simple supermarchés qui vont peu à peu s’agrandir pour devenir les hypers marchés que nous connaissons aujourd’hui. En 1963, le premier hypermarché de France voit le jour à Sainte Geneviève des Bois en Essonne. 

premier hypermarché français

Pour la première fois, se retrouvent dans le même espace commercial, des produits alimentaires et des produits non alimentaires. C’est cette différence qui a permis aux hypermarchés de se développer et de devenir le symbole même de la société de consommation. Cette nouveauté de profusion pour un même produit était alors considérée comme phénoménale. Le modèle de la famille partant en voiture faire ses courses le samedi après-midi est à son apogée. 

« La société contemporaine est entrée alors dans une ère sans précédent; l’ère de l’hyper choix, l’ère de le sur consommation. »

 

Le stade ultime de la profusion!

 

Une étude du Crédoc menée en 2006 dévoile déjà cet éveil de conscience. Elle définit l’hyper choix comme étant « un choix tel que le consommateur ne peut plus arriver à choisir le produit qui lui convient« . En d’autres termes, « l’hyper choix est une situation dans laquelle l’avantage d’un choix plus large ne compense pas la difficulté voire l’impossibilité de choisir et à trouver les moyens de choisir« .

Hyper choix

« Nous pouvons donc dire que s’il existe un nombre de produits optimums pour choisir, alors la société d’hyper choix est allée au-delà de ce point. »

 

Au delà de ça, c’est un véritable modèle d’hyper-consommation gaspilleuse qui est remis en question.

Très franchement, ne vous êtes vous jamais senti perdu devant le rayon lessive qui propose un nombre considérable de marque de lessive, ayant pour la plupart toutes les mêmes attributions?

N’avez-vous pas succombé à l’achat d’un produit que par la suite, vous n’avez jamais utilisé ? 

Cette notion de gaspillage est entrée en considération dans l’évolution des consciences. Ce sont également les considérations environnementales actuelles qui ont soulevé d’innombrables polémiques sur les stratégies des enseignes de grandes distributions comme les dates de péremptions par exemple ou encore le sort des produits invendus

répartition gaspillage alimentaire

Désormais, faire ses courses en grandes surfaces relève du parcours du combattant.

Physiquement, dévaler des rayons interminables pour trouver une boîte de thé fait aussi perdre beaucoup de temps.

Et puis psychologiquement, l’hyper choix a entraîné une certaine méfiance envers les grandes enseignes.

hyper choix lessive

  • La tentation est omniprésente devant cette profusion de choix accentuée par les publicités et offres promotionnelles associées.
  • Cette tentation peut entraîner un certain sentiment de frustration devant l’ensemble des considérations…
  • Voire de culpabilité in fine, si nous nous rendons compte que nous n’avions pas réellement besoin du produit…
  • Mais c’est surtout une perpétuelle sensation de dissonance intérieure que l’hyper choix provoque, dissonance entre ce que je désire (tentation de l’hyper choix) et ce dont j’ai réellement besoin.
  • Au final, l’hyper choix mène très souvent à l’achat impulsif et à un sentiment d’insatisfaction constante.

Vers la fin des hypermarchés ?

 

Une nouvelle ère se profile devant nous. Face à ce sentiment de méfiance mais surtout à cause de cette manipulation constante que le consommateur ressent dans chacun de ses actes, les stratégies de consommation évoluent.

société de consommation

Le consommateur manipulé devient un consommateur maître de ses choix. Pour cela, il établit de réelles stratégies de consommation en recherchant des alternatives aux hypers pour repousser au maximum la profusion; Internet restant son allié de choix pour la mise en place de ces stratégies. Le nouveau consommateur recherche avant tout des éléments tangibles tels que la qualité, la provenance, le prix, le processus de fabrication, les ingrédients, l’éthique, la responsabilité. 

La dissonance s’estompe pour faire place au réel besoin…à l’essentiel.

 

L’ère du superlatif passerait-elle à une ère de l’essentiel ?

 

Face à ce changement grandissant des comportements et des aspirations des consommateurs, de nouvelles formes de commerce voit le jour.

The Little Green Way, toujours en quête d’alternatives, est allé à la rencontre d’une nouvelle forme de commerce; l’épicerie locale.Épicerie Essentiel

L’épicerie Essentiel porte bien son nom. Isabelle Cordier, Présidente et fondatrice d’Essentiel a durant sa carrière en grande distribution toujours été liée à cette abondance de choix.

 

Convaincue que l’hyper choix ne répond en rien au réel besoin des consommateurs, elle lance le pari en mars 2014 de créer une autre forme de commerce.

Le concept est simple: Après avoir effectué une étude des produits de consommation courante nécessaire (alimentation, soin et entretien), le but est de restreindre la gamme de produit à l’essentiel :pas de profusion nécessaire pour des produits qui n’ont pas de réelle valeur affective pour les consommateurs comme la lessive par exemple.

A la recherche du pragmatisme et d’économie, Essentiel propose donc des produits de base qui répondent aux besoins courants.

Au delà de cette idée, c’est une réelle politique de transparence, d’hygiène, d’écologie, d’économie et d’éthique qui est  au cœur même du concept d’Essentiel.

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Les règles de la distribution restent les mêmes qu’en grande surface mais à l’échelle locale. En effet, après quelques mois de sourcing et de tests consommateur, Essentiel a sélectionné un panel de produits provenant pour chacun d’entre eux d’un unique producteur. Le produit étant choisi pour sa qualité, sa provenance géographique (majoritairement des produits provenant d’un rayonnage de 100 kms autour de Toulouse)  et pour les valeurs de responsabilité et d’éthique de son mode de fabrication.

Vous ne trouverez donc pas les produits d’Essentiel en moyenne et grande surface : une lessive écologique venant la région de Nîmes, des sacs poubelles d’Aveyron, des yaourts venant de la P’tite Ferme dans le Tarn-et-Garonne.

Vous l’aurez compris, la recherche de proximité et la création de lien entre les parties prenantes de l’acte de consommation sont primordiales. 

Au final, Essentiel souhaite garantir au consommateur « le produit le plus proche et le meilleur sachant que dans le processus de production et d’élaboration, on ne doit conserver que ce qui est essentiel au produit. »

La première boutique a vu le jour en octobre dernier dans le quartier Bonnefoy de Toulouse et connaît déjà un franc succès. C’est une réelle franchise d’épicerie éco-locale qu’Isabelle Cordier ambitionne de lancer à l’avenir.

Épicerie Essentiel

Une chose est sûre, des initiatives tels que adhérer à une AMAP, se fournir directement auprès des producteurs se développent rapidement. Mais le concept de l’épicerie locale permet de centraliser dans un unique circuit de distribution semblables à celui des grandes surfaces tout les autres circuits. 

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