The Little Green Way

Un chemin vers la décroissance.

 

Après le constat probant que la croissance telle que nous l’a connaissions au siècle dernier, gardienne de nos emplois et de notre pouvoir d’achat, ne renaitra certainement plus jamais, des groupes de personnes ont décidé de vivre dans un système à contre-courant.

Aujourd’hui chers lecteurs, The Little Green Way est allé enquêter sur cette nouvelle forme de mode de vie, un modèle mettant « l’être » sous toutes ses formes au centre du système et non plus le traditionnel « avoir » spéculateur. Partons à la rencontre des initiateurs d’un modèle qui tend à se développer, les décroissants!

Les prémisses de ce mouvement apparaissent dès la fin du XIXème siècle en même temps que le phénomène de croissance économique voit le jour.

John_Ruskin the little green way

En Grande-Bretagne, berceau de la Première Révolution Industrielle, le peintre et poète John Ruskin et les membres du mouvement Arts & Crafts (1819-1900) sont les premiers initiateurs du terme de décroissance.

Un violent mouvement de sabotage sélectif de certaines machines apparaît déjà ainsi que le syndicalisme ouvrier.

A l’instar des objecteurs de croissance actuelle, les fondateurs de ce qu’on peut appeler « l’écologie radicale » avec l’Américain Henry David Thoreau (1817-1862), affirment déjà que « la société industrielle met en péril l’équilibre des liens séculiers unissant l’homme et la nature et qu’il convient que les hommes retrouvent un mode de vie qui ne soit pas centré sur la recherche du confort maximal ».

club de rome the little green way

Ce n’est que dans les années 70, que le mouvement se voit attribuer une réelle définition grâce au Club de Rome, fondé en 1968. Diplomates, universitaires, industriels et membres de la société civile attribuent une théorie au phénomène comme protégeant l’avenir du monde sur le long terme alors que le modèle actuel mise avant tout sur le court terme.

club rome the little green way

Loin d’être des marginaux vivant en autarcie, les décroissants ont avant tout fait le constat d’une société malade dans laquelle l’humanité s’auto-détruit plus qu’autre chose.

Voici le chemin que ces personnes ont suivi  pour changer leur mode de vie:

Pour commencer : évincer les résistances.

 

Pour entamer le chemin vers la décroissance, le simple constat et l’approbation de celui-ci ne suffisent pas. Il est essentiel de rentrer dans un processus de désengagement profond vis-à-vis des modèles jusqu’ici suivis.

changer-sa-vie-il-n-est-jamais-trop-tard-de-luce-janin-devillars

Je m’explique. Selon l’auteur du livre « Changer sa vie » Luce JANIN, nous avons tous en nous des résistances qui nous empêchent de changer du jour au lendemain de comportement général. Que ce soit des résistances familiales (comme les modèles parentaux qui nous imprègnent et qui guident inconsciemment tous nos choix) ou encore les barrages sociaux (il faut faire comme tout le monde, sinon je passe pour un marginal, un fou…). La résistance interne la plus fréquente reste la rationalisation souvent dictée par la peur du changement.

Bref, tout ça pour dire que pour emprunter la voie de la décroissance, ces personnes se sont tout simplement débarrassées de ces barrages internes et de ce fait se sont libérées.

Se recentrer au cœur de la nature.

 

huiles-essentielles-se-recentrer

La société telle que nous l’a connaissons aujourd’hui se base sur la croissance économique : croissance économique qui elle se construit grâce à la consommation de produits issus de ressources épuisables. Il faut dire les choses telles qu’elles sont! Notre Terre a des ressources limitées que notre modèle utilise sans limitation justement.

Le mouvement de décroissance s’affranchit de cette exploitation infinie en se rapprochant au maximum de la nature.

Pour cela, de multiples alternatives existent que nous essayons de vous faire découvrir sur The Little Green Way comme consommer localmoins gaspiller,etc. 

L’anti-gaspillage, la consommation de produits locaux et de produits seulement essentiels à notre quotidien, l’auto-limitation des énergies, la protection de la faune et la flore sont autant d’alternatives qui deviendront petit à petit notre futur modèle (enfin espérons-le).

Entretenir la Terre devient la priorité pour avoir une nourriture durable et assurer l’existence viable de nos futures générations.

Comme nous le dit si bien Pierre RABHI « Les Forêts, le sol nourricier, l’eau, les semences, les ressources halieutiques, etc., doivent impérativement être soustraits à la spéculation financière ».

Les décroissants prônent donc l’harmonie entre l’Homme et la Nature et non pas la subordination de l’un à l’autre. A l’origine, l’Homme faisait partie intégrante de la Nature et c’est cette symbiose que les décroissants cherchent à retrouver dans nos sociétés actuelles. En effet, même si cela peut paraître impossible tellement la modernité et la consommation sont au cœur même de notre civilisation actuelle sur Terre, nous verrons au travers de témoignages que ce lien viscéral avec la nature peut être reconstruit.

Lutter contre la surconsommation.

the little green way décroissance

 

Comme nous l’avions déjà expliqué dans notre précédent article sur la société d’hyper consommation, les décroissants luttent inexorablement contre la sur consommation.

Un fondement pour eux : se détacher de « l’avoir » qui ne rend au final pas heureux pour se recentrer sur « l’être ».

Les plaisirs superficiels du « toujours plus »  laissent place aux valeurs fondamentales que sont la contemplation de la nature et des êtres, « la sobriété volontaire et heureuse » ou encore comme le disent certains « la simplicité volontaire », le retour à l’essentiel des besoins.

Se détacher de la valeur spéculative.

décroissance the little green way

 

« Seulement après que le dernier arbre aura été coupé, que la dernière rivière aura été empoisonnée, que le dernier poisson aura été capturé, alors seulement vous découvrirez que l’argent ne se mange pas ».

Le détachement vis-à-vis de l’argent qui, d’après nos logiques est synonyme de pouvoir est un des chemins vers la décroissance.

L’éconologie prend tout son sens dans ce fondement.

Vers une pédagogie de l’être

décroissance the little green way

C’est au cœur de notre propre modèle que le changement doit se faire. Pour cela, une réelle révolution intérieure est nécessaire. Dans une société qui prône la performance, le « qui domine qui », le « qui profite mieux à qui », les décroissants ont réalisé une véritable pédagogie de l’être.

Tout commence avec léducation des enfants pour lequel le changement est fondamental. Les fondements de la réussite sociale, du « vivre pour travailler » et de l’enseignement prônant la compétition par les notes doivent être revus. Pour les décroissants, il est nécessaire de démystifier le « soyez meilleurs que les autres » que l’école tend à inculquer  à nos enfants. 

La coopération, le partage, l’éveil de la  personnalité unique et la liaison avec l’autre et la nature doivent être au cœur de l’enseignement. Cela doit permettre à tous de se doter d’une cohérence intérieure pour trouver sa véritable place dans le monde. La compétition ambiante et le climat de défiance et de mal être ne seront plus que de lointains souvenirs.

Décroître jusqu’à quel point ? 

 

Le terme « décroissance » ne doit pas être l’objet d’amalgame. En effet, l’idée de base est de rompre avec le « totalitarisme » de la croissance, d’autres facteurs doivent continuer à croître.

 

Témoignages de décroissants.

 

  • Christophe, 3 enfants, nous confie« A un moment, nous consommions…Nous avons pris conscience que rien de cela n’était nécessaire, et arrêté tous les crédits. » Désormais, Christophe fait son propre compost, se chauffe au poêle à bois et récupère l’eau de la machine à laver pour arroser. Pour lui  » C’est une démarche d’autonomie par rapport à l’énergie : s’il n’y en a plus, nous voulons pouvoir nous débrouiller par nous-mêmes »Préférant favoriser le temps à l’argent, il nous affirme qu’il souhaite « laisser le minimum » aux institutions bancaires. Et surtout consommer de « façon proche »Refusant de prendre l’avion, surtout pour des « petits » trajets », il n’est pas contre l’utilisation de la voiture quand c’est obligatoire mais seulement en « auto-partage » avec un garage coopératif. Concernant l’éducation de ses enfants, l’école est bannie. Selon lui, « L’école ne respecte pas leur maturité. Elle dédaigne les rythmes biologiques de l’enfant. Et nous refusons la compétition, qu’on leur apprend tellement. » 

 

  • Pour Françoise, « La décroissance, c’est un cheminement. Très tôt, je me suis posée des questions sur le sens de l’organisation du travail, sur l’entrée après des études dans un tunnel qui m’amènerait jusqu’à la retraite. ça m’a fait peur. »Elle laisse tomber son travail « pour trouver quelque chose de plus conforme à mes convictions. Je me suis dit : je ne chercherai plus de travail dans ma formation. Je lâche tout un système. «  Le but n’étant pas de trouver un travail rémunérateur.  « C’est à la fois une démarche écologique et un choix de vie.« Nous voulons arrêter d’acheter uniquement parce que nous avons les moyens de le faire. »Le cheminement vers la décroissance n’a pas toujours été facile nous explique-t-elle, « C’est difficile de créer un monde en marge. Il faut aussi composer avec la réalité. » 

    Pour les enfants, c’est comme Christophe, l’école est proscrite.  » Mes enfants ne connaissent pas Mario Bros mais ils ont donné le biberon à des agneaux. » 

 

charlie hebdo décroissance the little green way

 

En conclusion: 

  • Consommer bio mais surtout local
  • Utiliser son vélo plutôt que sa voiture.
  • Bannir toutes les formes de gaspillages qu’ils soient alimentaires ou énergétiques.
  • Éliminer autant que possible tous les produits de consommation inutiles en se rapprochant de l’essentiel
  • Ne pas chercher à consommer moins, mais à consommer mieux.
  • Troquer, partager et échanger plutôt qu’acheter et posséder. 
  • Se rapprocher de la Terre, en entretenant la nature.
  • Boycotter autant que possible la grande distribution.
  • Ne jamais oublier que la domination et la compétition apportent que plus souvent qu’insatisfaction et défiance.